lundi 10 décembre 2012
J-11 DANGER ASTEROIDES
SUD-OUEST Publié le 10/12/2012 à 08h00
Par Jean-Denis renard
J-11 avant la fin du monde : ces astéroïdes géants qui font planer la menace
Des corps célestes géants ont déjà frappé la Terre par le passé.
Une météorite de 5,2 kg, tombée en 2011 dans l'Essonne, près de Paris. (Photo afp)
Petite précision liminaire : ce qui suit n'a rien à voir ni avec les Mayas, ni avec le parc d'attractions pour illuminés qu'est devenue bien malgré elle la petite bourgade de Bugarach. La fin du monde tel que nous le connaissons ne surviendra pas le 21 décembre prochain mais pourrait en revanche procéder, un beau jour qui serait le dernier, de la grande mécanique céleste qui nous environne. Celle qui bombarde jour et nuit la planète bleue de corps célestes de taille et de composition variées, depuis la nuit des temps et jusqu'à leur crépuscule.
Dans un remarquable ouvrage de vulgarisation scientifique, l'astrophysicien Jean-Pierre Luminet décrit cette éternelle partie de dés sur un ton dénué de tout catastrophisme. « Astéroïdes : la Terre en danger » esquisse l'avenir de notre planète et de ses habitants à travers le tamis du passé.
Onde de choc
Passé récent, si l'on remonte au 30 juin 1908, date à laquelle une énorme explosion secoue la vallée de la Toungouska, en Sibérie. « Accompagné d'une lueur aveuglante, le souffle couche au sol tous les arbres dans un cercle de 100 kilomètres », écrit l'auteur, qui précise que la déflagration est audible à 1 500 kilomètres à la ronde. Le mystère est éclairci depuis deux ans seulement. Grâce à un examen poussé du sol, on sait qu'une météorite pierreuse d'une cinquantaine de mètres de diamètre a transpercé l'atmosphère à 80 000 kilomètres/heure et s'est désintégrée à 8 kilomètres d'altitude, générant une onde de choc dévastatrice.
Au Groenland, en 1997
Encore plus près de nous, le 9 décembre 1997, un corps céleste de grande taille a atteint la côte est du Groenland, « engendrant un panache opaque de fumées et de vapeurs de plus de 150 kilomètres de diamètre », selon Jean-Pierre Luminet. C'est « l'accident », le plus grave depuis celui de 1908. L'astéroïde n'ayant pas respecté les canons du film-catastrophe hollywoodien (il ne s'est écrasé ni à Central Park, ni à Venice Beach), son retentissement est resté modéré. Mais le fait est là. Des roches de 50 mètres de diamètre nous tombent sur le coin de la figure avec une périodicité d'une centaine d'années.
La Terre porte les traces d'impacts bien plus sévères. Celles-ci ont été détectées il y a peu, grâce aux progrès de l'analyse des sols et de la photo satellite. Il est maintenant admis par la communauté scientifique que l'extinction massive du vivant - dont les dinosaures - il y a 65 millions d'années (64,98 très exactement) a été provoquée par la chute d'un bolide de 10 kilomètres de diamètre et de 1 000 milliards de tonnes. La zone d'impact est marquée par une structure géologique circulaire de 200 kilomètres de diamètre, enfouie sous les eaux du golfe du Mexique et pour partie émergée sur la péninsule du Yucatán.
Comètes véloces
Ce fut là la dernière des cinq grandes extinctions des espèces depuis 440 millions d'années. À chacune d'entre elles correspondent un ou plusieurs impacts identifiés. Les coupables appartiennent tous à la catégorie des « géocroiseurs », les corps célestes qui s'approchent à un moment ou à un autre à moins de 45 millions de kilomètres de notre planète. « Il doit exister plusieurs milliers de géocroiseurs de plus de 1 kilomètre de diamètre », indique Jean-Pierre Luminet.
Cette flotte est née dans les gravats mal assemblés du système solaire. Elle navigue en formation serrée entre Mars et Jupiter, plus loin sur l'orbite de Jupiter, ou plus loin encore dans la ceinture de Kuiper et le nuage d'Oort. Si l'on prend aussi en compte les comètes, beaucoup plus véloces, le danger qui zèbre le ciel peut venir de toutes les directions. Reste à trouver les moyens d'y faire face. Bruce Willis, le héros d'« Armageddon », ne sera pas disponible pour l'éternité.
« Astéroïdes : la Terre en danger », Éditions Le Cherche Midi, 263 p., 17 €.
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