jeudi 29 octobre 2015

TCHOURI

SUDOUEST.FR AVEC AFP Publié le 28/10/2015 Surprise : il y a de l'oxygène dans l'atmosphère de la comète Tchouri La sonde Rosetta, qui escorte la comète Tchouri, a fait une découverte surprenante et inattendue. Explication L a sonde européenne Rosetta a découvert de l'oxygène en abondance dans l'atmosphère de la comète "Tchouri", "une surprise totale" pour les scientifiques. Cet oxygène moléculaire (O2) pourrait être plus ancien que notre système solaire, qui date de 4,6 milliards d'années, selon une étude publiée mercredi dans la revue britannique Nature. "Il s'agit de la découverte la plus surprenante faite jusqu'à présent autour de la comète" Tchouri, escortée depuis quinze mois par Rosetta, a estimé Kathrin Altwegg, de l'Université de Berne (Suisse), l'un des auteurs de l'étude. C'est la première fois que l'on trouve du dioxygène - plus couramment appelé oxygène moléculaire - dans une comète, même si il a été détecté dans d'autres corps célestes glacés comme les lunes de Jupiter ou de Saturne. Quelles conséquences ? "Nous pensons que cet oxygène est primordial, c'est-à-dire qu'il est antérieur à notre système solaire" "Il va peut-être falloir modifier nos modèles actuels sur la formation du système solaire car pour le moment ils ne prévoient pas la présence d'oxygène moléculaire dans une comète", a déclaré André Bieler, de l'Université du Michigan (Etats-Unis), co-auteur de l'étude. Kathrin Altwegg est du même avis. L'oxygène moléculaire est très difficile à observer à distance, par exemple depuis la Terre. Le spectromètre Rosina, l'un des instruments clef de la mission Rosetta, a réalisé des mesures des gaz entre septembre 2014 et mars 2015 alors que la comète se rapprochait du Soleil. Rosina a trouvé en moyenne près de 4% d'oxygène moléculaire (rapporté à la vapeur d'eau H2O) dans le nuage qui forme la queue de la comète, selon l'étude. Ce pourcentage est parfois monté jusqu'à 10%. "C'est vraiment beaucoup!", s'exclame André Bieler. Cela fait de l'oxygène le quatrième gaz de la comète, en importance, après la vapeur d'eau (H2O), le monoxyde de carbone et le dioxyde de carbone. "Nous pensons que cet oxygène est primordial, c'est-à-dire qu'il est antérieur à notre système solaire", relève le chercheur. Dans des grains de glace ?
Le robot Philae.© Photo AFP MEDIALIAB La surprise des scientifiques tient au fait que l'oxygène est très réactif chimiquement et qu'il se transforme facilement. Pour avoir pu survivre en l'état, "il a fallu qu'il soit incorporé dans la comète avec douceur", explique le chercheur. Il a pu être emprisonné dans des grains de glace. "Si l'oxygène n'a pas bougé en dépit de la formation du système solaire, c'est qu'il n'a pas chauffé", déclare l'astrophysicien Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au CNES, l'agence spatiale française. La découverte de Rosina "apporte une contrainte forte sur le mécanisme de formation du système solaire", notamment en ce qui concerne les températures, reconnaît Francis Rocard. "Mais il ne faut pas tirer trop vite des conclusions", ajoute-t-il. La présence d'oxygène sur "Tchouri" et peut-être sur d'autres comètes n'a "pas d'implications directes sur l'apparition de la vie sur Terre", a tenu à souligner Kathrin Altwegg lors d'un point de presse organisé par Nature. A 270 millions de km de la Terre "Tchouri", qui a atteint son point le plus proche du Soleil (périhélie) à la mi-août, s'éloigne désormais de celui-ci. Rosetta se trouve à 270 millions de kilomètres de la Terre. Munie d'une dizaine d'instruments elle continue à travailler et à engranger de nombreuses données. En revanche le petit robot-laboratoire Philae, installé sur la comète depuis mi-novembre 2014, est muet depuis trois mois. Et le bol d'oxygène sur la comète ne peut rien pour lui... Comprendre l'évolution du système solaire Le but de la mission Rosetta est de mieux comprendre l'évolution du système solaire depuis sa naissance, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive. L'aventure de Rosetta, qui voyage depuis plus de onze ans dans l'espace, devrait se terminer en septembre 2016. A cette date, l'ESA a prévu de la faire se "poser" le moins rudement possible sur Tchouri où elle retrouvera Philae qui sera alors endormi depuis longtemps.

lundi 26 octobre 2015

COMETE LOVEJOY

SUDOUEST.FR AVEC AFP Publié le 26/10/2015 Astronomie : la comète Lovejoy renferme... de l'alcool et du sucre ! Des scientifiques français ont découvert ces deux molécules complexes, essentielles à la formation de la vie, lors de la mission Rosetta
La comète Lovejoy avait été découverte en août 2014 et était restée visible à l'oeil nu depuis la Terre pendant plus d'un mois © wikicommons/David Liu Deux nouvelles molécules organiques complexes, de l'alcool et du sucre, des briques de la vie, ont été détectées pour la première fois sur une comète appelée Lovejoy, selon des chercheurs français. D'autres molécules organiques avaient déjà été observées sur des comètes avec les instruments de Philae, l'atterrisseur européen de la mission Rosetta, le premier à s'être posé en novembre 2014 sur un de ces corps célestes vestiges de la genèse du système solaire. La présence de ces composés organiques dans des comètes suggère qu'ils ont pu émerger dans les premiers stades de cette formation. Des informations précieuses sur la naissance des planètes Les comètes ont conservé dans leurs glaces de précieuses informations sur la composition et les conditions physiques et chimiques qui existaient dans la nébuleuse d'où ont émergé les planètes il y a près 4,6 milliards d'années. Et les corps cométaires ont probablement contribué à l'apport d'eau et d'autres composés de la vie sur la Terre durant les premières centaines de millions d'années de son existence, soulignent ces chercheurs. Outre l'alcool éthylique et le glycolaldéhyde, le plus simple des sucres, ces chercheurs ont également détecté 19 autres molécules organiques sur Lovejoy, comme l'éthylène glycol, un antigel. Des molécules essentielles à la vie En juillet dernier l'équipe scientifique de la mission Rosetta avait annoncé la détection pour la première fois sur une comète de quatre molécules organiques, dont du méthyle et de l'acétone, des précurseurs de molécules importantes pour la vie comme les sucres et les acides aminés. La comète Lovejoy, découverte en août 2014 par l'astronome amateur australien Terry Lovejoy, présente un grand intérêt scientifique car il s'agit de l'un des noyaux cométaires le plus actifs se trouvant sur une orbite à proximité de celle de la Terre. Lors de son passage au plus près du Soleil et de la Terre en janvier, elle est restée visible à l'oeil nu plus d'un mois, éjectant plus de 20 tonnes de vapeur d'eau par seconde à son maximum d'activité.

mardi 20 octobre 2015

Quand des comètes sont prises pour une flotte extraterrestre…

Avant-propos
Le télescope spatial Kepler a détecté des baisses de luminosité si étranges autour de l'étoile KIC 8462852 que les médias se sont enflammés sur une éventuelle signature de civilisation extraterrestre avancée !
Depuis qu'il a été lancé, le satellite Kepler a surveillé quelque 150000 étoiles. Son rôle est de détecter le passage de planètes devant ces étoiles, qui se traduit par de légères baisses de luminosité. C'est ce qui s'est passé à deux reprises depuis 2011 pour KIC 8462852, une étoile située à 1480 années-lumière.
La première fois, son éclat a chuté de 20% pendant 5 jours. La seconde fois, il a baissé d'autant pendant 80 jours. Le cas est tout à fait passionnant et mystérieux, mais soyons clairs : à aucun moment,l'article scientifique exposant la découverte ne fait mention d'une éventuelle civilisation extraterrestre avancée pour expliquer ces observations !
Histoire d'un buzz
Il est dès lors étonnant de voir de nombreux médias mettre en avant l'hypothèse extraterrestre. Tout est parti d'un coup de fil de Ross Andersen, journaliste àThe Atlantic, au principal auteur de l'article scientifique, Tabetha Boyajian de l'université Yale à New Heaven. Cette dernière lui a indiqué que le phénomène pourrait coïncider avec des scénarios autres que naturels.
Jason Wright, astronome à la Penn State University, a surenchéri en révélant à The Atlantic qu'il travaillait à une explication alternative. « L’hypothèse extraterrestre devrait toujours être l'ultime hypothèse à considérer, mais ceci ressemble à une construction que l'on peut attendre d'une civilisation extraterrestre », a-t-il indiqué.
Et d'ajouter, qu'avec Tabetha Boyajian et Andrew Siemion, directeur du centre de recherche SETI à Berkeley, ils sont en train d'écrire une demande de temps d'observation sur un grand radiotélescope afin d'écouter d'éventuels signaux extraterrestres en provenance de l'étoile !
Il n'en a pas fallu plus pour mettre le feu aux poudres du buzz, et enflammer la toile sur une possible détection de civilisation extraterrestre.
Priorité à l'explication la plus simple
Nous avons demandé l'expertise de l'astronome Luc Arnold, de l'observatoire de Haute-Provence, sur cette hypothèse audacieuse. Il est connu pour ses travaux sur les exoplanètes, mais aussi pour un article plus ludique publié en 2005, dans lequel il se livre à une expérience de pensée sur les signatures possibles d'une civilisation extraterrestre dans les variations de luminosité des étoiles.
L'astronome estime qu'« il faut privilégier l'hypothèse la plus simple ». Or, celle-ci existe. « L'hypothèse avancée par les chercheurs, c'est qu'il y aurait une famille de comètes autour de l'étoile. Cette idée d'un nuage qui se déformerait ne me choque pas », souligne le chercheur français
D'ailleurs la présence d'une seconde étoile dans le voisinage de KIC 8462852, potentiellement à une distance de seulement 885 fois la distance qui sépare la Terre du Soleil, pourrait étayer cette idée. L'astre pourrait avoir déstabilisé un nuage de comètes autour de l'étoile et précipité un grand nombre d'entre elles vers l'intérieur du système. Il y a une incertitude sur ce point car la proximité angulaire de cette seconde étoile est bien connue, mais il y a une incertitude sur sa distance.
Et les extraterrestres dans tout ça ?
La présence d'une civilisation extraterrestre avancée autour de KIC 8462852 est posée malgré tout ; il est difficile de l'écarter sans argumenter.
« On peut, pourquoi pas, considérer l'hypothèse d'une sphère de Dyson, concède Luc Arnold. Il s'agit d'une structure artificielle hypothétique faite pour récupérer l'énergie de l'étoile. » Dans ce cas, l'esprit commun s'attendrait à voir une signature plus tranchée et plus régulière.
Pour Luc Arnold, ce n'est pas si simple : « Souvent, les gens ont en tête une image fausse à propos des sphères de Dyson. Ils imaginent une structure rigide autour de l'étoile. Mais on peut tout aussi bien imaginer une flottille d'objets en orbite autour de l'astre, et dont la configuration varie au gré des besoins énergétiques ».
En revanche, un argument fort prêche en défaveur d'une sphère de Dyson : « Des photons infrarouges devraient ressortir comme des “déchets” de cette mégastructure après utilisation de cette énergie. Or, l'équipe n'a repéré aucun excès d'émission de lumière dans ce domaine », conclut Luc Arnorld.
Finalement, beaucoup de bruit pour rien. Ce n'est pas la première fois qu'une variation de luminosité inhabituelle est repérée autour d'une étoile. Le dernier cas en date dans la constellation des Voiles autour de l'étoile NGC 2547-0ID8 avait été expliqué tout simplement par une collision d'astéroïdes sans même que personne n'appelle E.T. à la rescousse !

samedi 17 octobre 2015

EXTRATERESTRES ?

Sudouest.fr Publié le 17/10/2015 Des astronomes ont-ils découvert une superstructure extraterrestre ? Des scientifiques viennent de découvrir d'étranges variations de la luminosité autour d'une étoile. Un phénomène qui pourrait s'expliquer par la présence de constructions aliens D 'étranges variations de la luminosité autour d'une étoile appelée KIC 8462852 intriguent les astronomes, raconte le site d'information américain The Atlantic. Si les scientifiques cherchent une explication à ces surprenants phénomènes, de nombreuses personnes y voient déjà le signe d'une présence extraterrestre. Invisible à l'oeil nu, l'intrigante étoile KIC 8462852 a pu être observé pendant quatre ans, entre 2009 et 2013 à l'aide du télescope spatial Kepler, développé par la Nasa. Et au vue des donnés collectées, l'étoile semble clignoter, sans véritable régularité. Plusieurs explications pour permettre de comprendre l'origine de ces variations de lumière. La première hypothèse des scientifiques : le passage d'une exoplanète entourée d'une nuée de comètes, en orbite autour de l'étoile. Des comètes qui auraient pu être attirées par la gravité de l'astre, relate Ciel & Espace. Mais l'hypothèse a finalement été abandonnée à cause de l'irrégularité du phénomène. Autre piste, des astéroïdes qui se seraient percutés. Leurs débris pourraient ainsi orbiter autour de KIC 8462852. La faute aux aliens ? Mais pour certains chercheurs, ces explications rationnelles ne sont pas les plus crédibles. Pour eux, cette variation de l'intensité lumineuse serait le signe de l'existence d'une vie extraterrestre. Interrogés par The Atlantic, ils expliquent que des superstructures construites par une civilisation alien orbiteraient autour de KIC 8462852, une sorte de "collecteurs de lumière" qui capteraient l'énergie lumineuse de l'étoile, d'où les étranges variations d'intensité lumineuse. Les scientifiques veulent désormais examiner KIC 8462852 à l'aide d'un radiotélescope, afin de savoir si cet objet qui obscurcit l'étoile émet des ondes radio correspondant aux fréquences d'une activité technologique. Se sont des "astronomes citoyens" qui avaient interpellé la communauté scientifique sur les variations de lumière inhabituelles que produisait cette étoile. Une découverte faîte par les astronomes, en marge du programme Chasseur de planète, lancé par l'université de Yale pour aider l'agence spatiale américaine dans sa recherche de nouvelles exoplanètes.

samedi 3 octobre 2015

BOULE DE FEU

SUD-OUEST Publié le 02/10/2015 à 14h56 , modifié le 03/10/2015 à 07h25 Une mystérieuse boule de feu a traversé le ciel du Sud-Ouest mercredi soir L'étrange boule lumineuse a été aperçue de Poitiers à Lyon en passant par le Gers, le Lot-et-Garonne, la Dordogne, la Gironde et la Charente
Photographie du phénomène capturée par une caméra automatique du réseau Fripon, au Pic du Midi. © Fripon Et vous, vous l'avez vue ? Après l'éclipse lunaire du lundi 28 septembre, une boule de feu a ébloui le ciel du Sud-Ouest mercredi soir aux alentours de 22h50. D'après la Dépêche, l'objet volant a été aperçu de Poitiers à Lyon. "Une lumière intense" Des témoins ont décrit une traînée lumineuse blanche. D'autres "une lumière orange intense, qui se terminait par une boule bleue très bas sur l'horizon, presque à l'horizontale" qui s'est "désintégré" sans bruit. Le phénomène a été très bref : "quelques secondes, et puis ça s'est éteint comme une boule de feu qui explosait !", raconte une témoin originaire du Gers à La Dépêche. Sur les réseaux sociaux, ils étaient nombreux à parler "d'étoile filante". Un phénomène fréquent Le phénomène n'est pas une hallucination collective. La mystérieuse boule lumineuse a été photographiée, par le GEIPAN (Groupe d'Études et d'Information sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) et par le réseau Fripon (Fireball Recovery and Interplanetary Observation Network), un réseau, équipé de 100 caméras, qui traque les météorites dans le ciel. "Une étoile filante plus grosse que la moyenne." D'après les scientifiques, il s'agirait d'un "bolide", une étoile filante plus grosse que la moyenne. Très souvent, ces météores sont des poussières cosmiques, mais celui qui a traversé le ciel mercredi soir faisait la taille d'un ballon de football.
Photo prise à Rochechouart, dans le Limousin, près de la Charente© Photo Fripon Rien d'exceptionnel, cependant. On estime que les "bolides" pénètrent l'atmosphère plusieurs fois par semaine, mais ne sont pas toujours visibles. "Mercredi soir, toutes les conditions étaient réunies : le ciel était dégagé, il faisait nuit sans qu'il ne soit trop tard, et le bolide est passé au dessus d'une zone habitée", explique François Colas, astronome à l'Observatoire de Paris et responsable du réseau Fripon. "La plupart du temps, ils passent inaperçus. Quand le temps est couvert et lorsqu'il fait jour, ils sont beaucoup moins observables." Précisons que ces corps célestes, également appelés "météroïdes" ne touchent jamais la terre. Ils se distinguent des météorites, qui atteignent le sol et dont les fragments peuvent être recueillis.