vendredi 31 octobre 2014

EXOPLANETE

Publié le 30/10/2014 à 16h33 , modifié le 30/10/2014 à 17h49 par Yannick Delneste Des chercheurs du laboratoire d'astrophysique de Bordeaux-Floirac publient dans Nature
L'équipe emmenée par Anne Dutrey a fait un pas de plus dans l'étude de la formation des planètes, par l'observation d'un système ternaire à près de 450 années-lumière
• Vu d'artiste montrant la matière et le gaz autour du système solaire à deux étoiles GG Tau-A. Les chercheurs qui ont utilisé ALMA ont détecté des gazes au niveau des deux disques de ce système binaire. Cet environnement gravitationnel binaire perturbé peut favoriser la formation de planètes. La moitié des étoiles comparables au soleil seraient d'ailleurs nées dans un système binaire, ce qui veut dire que ces découvertes pourront probablement facilité la chasse aux exoplanètes à l'avenir.© PHOTO ESO/L. CALçADA • Anne Dutrey, chercheuse au Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux (CNRS/Université PHOTO Y. D. Un système solaire où les soleils seraient trois alors qu'on en soupçonnait que deux jusqu'alors. Où l'observation des mouvements de matière, rendue plus précise avec une nouvelle génération de radio-télescopes, a permis d'en savoir plus sur le processus de formation d'exoplanètes dans un système multiple. La publication jeudi 30 novembre dans la revue "Nature" de l'article signé parla chercheuse Anne Dutrey est l'aboutissement d'un travail de recherches remontant à l'année 1992. A l'institut de radioastronomie millimétrique (Iram) de Grenoble, la scientifique commence à s'intéresser cette année-là à GG Tau A, système solaire binaire situé à 450 années-lumière de chez nous. Elle et son équipe observent et modélisent les deux étoiles, leurs disques propres, mais aussi le disque externe commun. Enjeu: mieux savoir comment s'articulent et circulent les matières et les gaz entre cavités stables et instables. Puis est arrivé Alma (Atacama Large Millimeter Array), gigantesque champ international de radio-téléscopes au Chili inauguré en mars 2013. Désormais au Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux (dont des chercheurs ont d'ailleurs participé à la construction d'Alma), Anne Dutrey (CNRS) et son collègue Emmanuel di Folco (Université de Bordeaux) récoltent des données plus précises. Seulement 1h30 d'observation d'Alma au planning très demandé, leur permet ainsi d'en savoir plus sur ce système GG Tau A: il n'y a pas deux mais trois soleils, et une région deux fois plus chaude que le milieu environnant laisse augurer d'une planète en formation. "On éclaire ainsi le processus de transfert des matières entre les disques internes aux étoiles et les disque externe", souligne Anne Dutrey. Les images montrent en effet un filament de gaz provenant de l'anneau externe tombant vers les étoiles centrales. Alma, dont la vocation première était en effet de travailler sur la formation des planètes, n'a visiblement pas fini d'être précieux pour les chercheurs.

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