samedi 16 février 2013

SURVEILLANCE METEROIDES

Publié le 16/02/2013 à 09h30 Par Jean-Denis Renard Météorites : un réseau de surveillance pour la France Un projet vise à équiper le territoire national de caméras qui repéreraient tous les objets célestes tombant à terre. La Russie a été frappé par une pluie de météorites vendredi matin. (AFP photo) La pluie de fragments qui s’est abattue vendredi matin sur la région de Tcheliabinsk, en Russie, correspond à la partie visible du phénomène. Des météorites, il en tombe tous les jours par kilos à la surface du globe. Des cailloux qui atterrissent sans éveiller l’attention de quiconque. « On en retrouve aujourd’hui beaucoup moins qu’au XIXe siècle. Or il n’y a aucune raison astronomique à cela. Les météorites proviennent d’objets qui datent de la formation du système solaire. Leurs trajectoires sont le fruit d’un système assez chaotique. Leur chute sur Terre n’obéit à aucun phénomène cyclique à travers les âges », note l’astrophysicienne Brigitte Zanda, qui veille sur les collections de météorites du Muséum. L’explication est à chercher du côté des hommes, et pas du ciel. Ce sont les modes de vie modernes qui nous font ignorer ces visiteurs du cosmos. « Les gens vivent en ville, ils passent beaucoup moins de temps dehors, ils ne sont pas sur le pas de leur porte le soir et la pollution lumineuse altère la qualité d’observation du ciel » explique Bruno Monflier, le président de l’association A Ciel Ouvert, l’association qui gère l’animation scientifique de la Ferme des étoiles et du Hameau des étoiles à Fleurance, dans le Gers. « On trouve aujourd’hui en France environ une météorite sur 150 qui sont tombées. Au XIXe siècle, on tournait autour d’une sur vingt », estime Brigitte Zanda. Ce sont ces météorites anonymes que l’Observatoire de Paris et le Museum d’histoire national d’histoire naturelle comptent traquer. Les deux institutions ont mitonné un projet, intitulé Vigie Ciel, qui vise à déployer un réseau de caméras maillant l’intégralité du ciel hexagonal. Couplées à un logiciel, ces caméras seraient aptes à repérer tout objet pierreux ou métallique qui finirait sa course sur le sol français. La trajectoire et les coordonnées géographiques de l’objet seraient déterminées selon le principe de la triangulation : deux caméras distantes de cent kilomètres isolent une météorite à cent kilomètres du sol, visible du fait qu’elle est transformée en boule de feu lors de sa traversée de l’atmosphère. Une centaine de caméras Le réseau comporterait une centaine de caméras, à peu près une par département. Il pourrait être installé dans le courant de l’année si les financements suivent. Deux lignes de crédit sont attendues. L’une en provenance de l’Emprunt national 2010, l’autre de l’Agence nationale de la recherche. L’ensemble des laboratoires spécialisés en France sont peu ou prou impliqués dans cette initiative qui est une première. « Il existe un réseau d’une cinquantaine de caméras en Europe, mais rien d’aussi complet », approuve Brigitte Zanda. L’idée consiste aussi à faire de la « science citoyenne », l’une des marques de fabrique du Museum national. Le réseau se reposerait sur les chercheurs bénévoles de météorites qui pourraient utiliser les données enregistrées pour traquer les cailloux sur le terrain. Une association comme A Ciel Ouvert est prête à jouer le jeu. « On peut trouver des météorites tombées depuis peu, on peut aussi inciter les gens à nous confier ce qu’ils ont déniché par le passé. Quand la météorite de Draveil a été découverte, d’autres sont sorties des greniers ! » s’amuse Brigitte Zanda. La météorite de Draveil est le dernier gros objet connu à avoir choisi la France pour terminer sa course cosmique. Elle fait référence à une pluie de météorites qui a touché plusieurs communes de l’Essonne le 13 juillet 2011. Le Museum a acquis le plus gros morceau retrouvé, une pierre de 5,2 kg tombée dans un jardin de Savigny-sur-Orge. L’institution en espère d’autres. Pour percer les mystères de la formation du système solaire, il y a environ 4,6 milliards d’années.

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