mercredi 12 novembre 2014
ROSETTA
Mission Rosetta : suivez en direct l'atterrissage du robot Philae sur la comète Tchouri
Publié le 12/11/2014 à 07h00 , modifié le 12/11/2014 à 07h01 par
Alexandra Tauziac, avec AFP
VIDÉO - Le long voyage interplanétaire de Philea va prendre fin ce mercredi à partir de 9h35. Pour la première fois de l'histoire, un robot va tenter de se poser sur une comète
La mission Rosetta atteint ce mercredi son moment le plus critique. Pour la première fois, un robot va tenter de se poser une comète© PHOTO ESA
Après plus de 10 ans de voyage interplanétaire à bord de la sonde européenne Rosetta, l'heure du grand saut est arrivé pour le petit robot Philae : il tentera mercredi, pour la première fois dans l'histoire, d'aller se poser sur une comète. Le Cnes (Centre national d'études spatiales), l'agence spatiale française, retransmet l'événement en direct à partir de 15h30.
"On est très bien préparés à la séparation", assure Sylvain Lodiot, responsable des opérations de vol à l'Agence spatiale européenne (ESA). "C'est un moment un peu magique".
Entre 50% et 70% de chances de réussite
Mais les aléas sont nombreux. "On n'a pas une comète coopérative", constate Philippe Gaudon, chef de projet au Cnes. Philae a été conçu pour s'ancrer au noyau et éviter un "rebond" sur la surface, mais rien ne permet d'assurer qu'il ne va pas, au contraire, s'enfoncer dans un sol trop mou.
La zone retenue n'est pas non plus sans défaut. Elle présente "plusieurs centaines de rochers" et des pentes supérieures à 30°. Au total, 18% de la zone sont jugés impropres à l'atterrissage. Philippe Gaudon évalue les chances de réussite à 70%, voire une chance sur deux seulement les mauvais jours...
Mais si l'atterrissage sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko réussit, ce sera la première fois qu'on pourra étudier "sur le terrain" le noyau d'une comète, sa partie solide.
Les clés de l'apparition de la vie sur la Terre ?
"Les comètes sont les objets les plus primitifs du système solaire. Elles ont vécu l'immense majorité de leur vie très loin du Soleil", explique Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au Cnes. Les scientifiques espèrent donc que Philae pourra donner des clefs pour comprendre l'apparition de la vie sur Terre. Rien que ça. Cette mission d'archéologie spatiale, entamée en 2004 avec le lancement de Rosetta, est le fruit du travail de nombreux protagonistes à travers plusieurs pays. Nul doute qu'ils suivront les événements avec un intérêt particulier.
C'est par exemple le cas de Gérard Dejonghe, patron de l'entreprise toulousaine Erems, impliquée dans la fabrication de "Consert", l'un des dix outils embarqués sur le robot Philae. Consert, a été développé par le CNRS sous la responsabilité de Wlodek Kofman, directeur de recherche émérite à l'Institut de Planétologie et d'Astrophysique de Grenoble. Il réalisera la tomographie du noyau de la comète. Autrement dit, il doit déterminer la consistance et la structure du noyau.
Erems a contribué à la mission en développant des convertisseurs d'énergie dont le rôle est d'alimenter Consert. "Nous avons conçu ces cartes de manière à ce qu'elles puissent supporter les 10 ans de voyage et les conditions dans l'espace : vide, radiations, problèmes thermiques etc."
Un travail d'équipes
Un travail complexe mais auquel sont habituées les équipes d'Erems. "Nous travaillons actuellement sur InSight", le sismographe de la Nasa dont le lancement est prévu en mars 2016 et qui sera chargé d'étudier la composition et la structure interne de la planète Mars. "Et nous travaillons aussi sur un calculateur chargé d'étudier l'atmosphère de Mercure".
C'est cette expérience dans le spatial qui a poussé le CNRS à se tourner vers eux pour réaliser les cartes d'alimentation présentes à la fois sur Philae et Rosetta. "Mais cela remonte à loin, précise Gérard Dejonghe. 1998-99. Quand je regarde les photos, c'est vrai que cela fait un peu vieillot mais cela reste efficace", comme ont permis de le constater les divers tests.
"Ce n'est qu'une petite partie de Consert", note modestement Gérard Dejonghe. Car plus de 50 entreprises de 14 pays européens et des Etats-Unisont participé à la réalisation de la sonde. D'un coût total de 1,3 milliard d'euros, le prix de trois Airbus 380, la mission Rosetta, dont la production est assurée par l'Agence spatiale européenne (ESA) a mobilisé environ 2 000 personnesdepuis 20 ans. La contribution de la France représente 250 millions d'euros.
Sept heures de chute libre
Philae se séparera de Rosetta, qui escorte actuellement la comète, filant à plus de 65 000 km/h vers le Soleil a lieu à 9h35 (heure français). La confirmation n'arrivera toutefois à l'ESA qu'à 10h03, Rosetta se trouvant à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre. Après quoi, Philae amorcera ses sept heures de chute libre pour combler les 20 km qui le séparent de la comète.
La retransmission vidéo débutera à 15h30. Quatorze minutes plus tard, Philae commencera ses prises de vue du site d'atterrissage, baptisé "Agilkia".
Le contact avec la surface de la comète est prévu pour 16h34. Si tout se passe bien, la confirmation de l'atterrissage arrivera à 17 heures (à plus ou moins 15 minutes). Et à 19 heures, nous pourrons voir les premières images de la comète !
Inscription à :
Commentaires (Atom)

